Projet | Urbanisme Transitoire


L’urbanisme transitoire est un thème de recherche transversal à plusieurs projets et activités. L’approche de l’OMV se base sur la notion de « recherche par le projet » ou « research by design » qui conçoit l’expérimentation comme source d’apprentissage. Ainsi, l’OMV a développé une expertise envers les processus d’aménagement et de design urbain participatif, ainsi que sur l’innovation en matière d’urbanisme, de gouvernance, de planification urbaine et de la fabrique de nouveaux lieux dans les quartiers.

L’urbanisme transitoire est souvent décrit comme une nouvelle méthode et pratique d’urbanisme. En tant qu’innovation par rapport aux outils d’intervention conventionnels, il vise à apporter différents changements dans les manières de faire et penser la ville. Les défaillances du système et les situations de crises – climatique, sociale, économique, sanitaire et du logement – incitent à expérimenter des solutions à partir de l’urbanisme transitoire mené sur les rues, les terrains vacants et les bâtiments vacants.

Objectifs généraux

Sans s’y limiter, voici quelques contributions que vise l’OMV dans ses travaux :

  • Identifier les pratiques et initiatives innovantes qui concernent l’aménagement urbain et la production de nouveaux espaces transformant les rapports à la ville et les conditions de cohabitation des usages et des usagers urbains.
  • Comprendre les transformations plus ou moins structurantes, profondes et durables que cette innovation dite temporaire parvient à opérer sur les cadres d’action et les valeurs qui guident l’intervention d’urbanisme.
  • Comprendre les processus de déploiement de l’innovation, et la manière l’urbanisme transitoire interagit avec les processus et outils d’urbanisme conventionnels tels que le projet urbain.
  • Comprendre le rôle et les motivations des acteurs du développement urbain – économiques et communautaires – qui participent à la mise en œuvre des interventions transitoires.
  • Comprendre l’impact de ces interventions d’urbanisme transitoire sur la perception et les pratiques des usagers – résidents, travailleurs, visiteurs – qui habitent les milieux de vie urbains au quotidien.
  • Soutenir une réflexion sur la manière dont ces interventions d’urbanisme transitoire peuvent informer la prise de décision, ainsi que la planification, le design urbain et la gestion des milieux de vie urbains.

Urbanisme temporaire comme levier d’innovation

La thèse doctorale d’Ariane Perras, diplômée de l’OMV dirigée par Priscilla Ananian, est venu interroger ce qu’une innovation dite temporaire parvient concrètement à transformer quant aux manières de penser, de faire ou d’organiser nos villes. En utilisant l’urbanisme temporaire comme objet d’étude, sa recherche a porté trois réflexions complémentaires cadrés sur l’innovation en matière d’urbanisme.

Premièrement, en cherchant a comprendre le processus souvent expérimental et incrémental par lequel les innovations émergent, se diffusent et construisent leur légitimité, elle a visé à identifié des différents freins et leviers qui favorisent ou entravent l’innovation urbaine. Deuxièmement, en prenant en compte que les innovations ne sont généralement pas adoptées telles quelles, mais bien en s’hybridant avec des éléments neufs et plus anciens, une réflexion s’est imposée quant aux transformations mutuelles qui s’opèrent entre urbanisme temporaire et projet urbain lorsque les interventions coexistent sur des territoires communs. Troisièmement, en s’intéressant à la tension qui s’inscrit entre le temporaire et la transformation durable et à long terme du territoire, le regard s’est porté sur l’utilisation des ressources mobilisées pour mener des projets éphémères et les effets que les interventions engendrent sur leur territoire d’implantation.

La thèse doctorale intitulée L’urbanisme temporaire, et après? Entre institutionnalisation et éphémérité de l’innovation est disponible en ligne sur la plateforme Archipel. Un article scientifique paru dans la revue Métropoles et ayant pour titre Expérimentation et légitimation de l’innovation en urbanisme : le cas de la piétonnisation à Montréal (Perras et Ananian, 2024) aborde les processus de changement et les transformations issues de l’innovation en urbanisme. Enfin, trois fiches synthèses illustrées ont été publiées par le réseau Villes Régions Monde en collaboration de l’OMV :

L’urbanisme temporaire, et après? Innover pour transformer les manières de faire et de penser la ville
Urbanisme temporaire et projet urbain : quelles conditions au renouvellement des pratiques d’urbanisme?
L’urbanisme temporaire et la transformation du territoire : pour des effets durables par l’éphémère

Urbanisme transitoire et Projet urbain

La réalisation du Projet | Metropolis a donné lieu à différents constats relativement à la l’innovation dans les stratégies de redynamisation par le projet urbain. Outil urbanistique conventionnel et largement répandu dans le monde, le projet urbain, était ici étudié à travers de 7 cas situés dans la Région de Bruxelles-Capitale, en Île-de-France, dans le Grand Lyon et à Montréal. Pourtant, il a été remarqué que des interventions d’urbanisme transitoire était présentes dans plusieurs cas, en consistant une pratique innovante particulière visant en principe à informer et alimenter les réflexions sur le projet urbain.

Des fiches de pratiques innovantes ont ainsi été incorporées dans le rapport de recherche intitulé « Redynamisation par le projet urbain : Stratégies innovantes Projet pilote Metropolis », disponible pour téléchargement en français et en anglais à partir d’un lien incorporé à la page web du Projet | Metropolis. Notamment, il est question des occupations temporaires bruxelloises que sont l’Allée du Kaai, le Pop-up canal et le Studio citygate; des projets transitoires lyonnais liés au Festival peinture fraiche street art festival et à La biennale d’art contemporain; ainsi que du Projet Young et du site de Projets Éphémères et du Virage situés à Montréal. Des capsules vidéos sont aussi disponibles.

Ariane Perras, diplômée de l’OMV, a approfondi cet objet de recherche dans sa thèse doctorale intitulée L’urbanisme temporaire, et après? Entre institutionnalisation et éphémérité de l’innovation et disponible sur Archipel. Elle s’y s’intéresse particulièrement à l’innovation en matière d’urbanisme dans un contexte d’institutionnalisation de l’urbanisme temporaire. Cette recherche explore ainsi la façon dont l’urbanisme temporaire parvient à opérer une transformation des façons de faire et de penser la ville. Une des perspective étudiées concerne la relation plus ou moins connectée – ou déconnectée – entre urbanisme transitoire et projet urbain. Pour ce faire, elle pose Montréal comme cas d’étude, en scrutant les territoires des projets urbains de Griffintown et du MIL Montréal, où différentes interventions d’urbanisme transitoire coexistent avec le projet urbain. Une fiche synthèse ayant pour titre Urbanisme temporaire et projet urbain : quelles conditions au renouvellement des pratiques d’urbanisme? a été publiée par le réseau Villes Régions Monde en collaboration avec l’OMV pour résumer les constats de ce volet de recherche.

Lyon : Association Arty Farty
©Brice Robert
Bruxelles : Studio Citygate
©Denis Erroyaux
Montréal : Projets Éphémères | Le Virage
©OMV

Quartiers de l’innovation et aménagements éphémères

Depuis 2016, l’OMV s’est intéressé aux quartiers de l’innovation et à différents modèles de développement économique s’intégrant aux milieux de vie urbains, notamment dans le contexte du Projet | (Mi)lieux d’innovation. Les stratégies misant sur l’économie du savoir sont nombreuses, et certaines se lient au thème de l’urbanisme transitoire et de l’éphémère. Notamment, certains des espaces de coworking étudiés à travers le Projet | CoWork MTL s’inscrivent dans une logique d’occupation transitoire des bâtiments ou des espaces ouverts vacants, à exemple d’Aire commune (Mile-End) et Nouvelle vague (Vieux-Port) d’Îlot 84. Les espaces de coworking recensés à Montréal par l’OMV, en date de 2019, sont représentés sur la plateforme Carto-OMV.

De plus, le Projet | (Mi)lieux d’innovation, une recherche intitulée « Approche critique du rôle de l’urbanisme dans la fabrication des lieux de l’innovation » s’est particulièrement intéressé au Quartier de l’innovation de Montréal, situé dans l’arrondissement du Sud-Ouest de Montréal, ainsi qu’au Secteur Saint-Viateur Est, dans le Mile-End. Dans les deux cas, différents projets d’urbanisme transitoire ont été repérés par l’OMV. Dans le second, tout particulièrement, l’OMV a constaté que la présence de nombreuses friches – découlant du passé industriel du secteur – avait contribué à une forte mobilisation sociale, laquelle se traduit entre autres par la mise en place d’interventions éphémères permettant d’explorer les usages possibles de ces lieux. Des fiches d’initiatives de l’ordre de l’urbanisme transitoire sont aussi disponibles pour ces deux milieux de vie urbains.

Guillaume Parent-Frenette, diplômé de l’OMV, s’est particulièrement intéressé à ce phénomène dans le cadre de sont mémoire en études urbaines intitulé « Les quartiers postindustriels à l’ère de l’économie de la connaissance et des aménagements éphémères : le cas du secteur Saint-Viateur Est à Montréal » disponible en ligne sur la plateforme Archipel de l’UQAM. Un article cosigné par Priscilla Ananian et Guillaume Parent-Frenette a aussi été publié en 2022 dans la revue Métropole.

L’Été Mile-End, pôle Saint-Viateur Est
©OMV
Station F-MR, Quartier de l’innovation
©OMV
Projet Young, Quartier de l’innovation
©OMV

Urbanisme transitoire dans le Milieu de vie | Vieux-Montréal

Depuis 2014, l’équipe de l’OMV s’est intéressé à différents phénomènes en cours dans le Milieu de vie | Vieux-Montréal, ce qui lui a permis d’y repérer diverses initiatives de l’ordre de l’urbanisme transitoire. À l’exemple du Parc Éphémère, des aménagements du Pigeon Hole, de l’espace piéton Pointe-à-Callières, du site de Nouvelle Vague ou encore des interventions accompagnant la transformation de l’artère commerciale Saint-Paul Est, une vaste gamme d’interventions d’urbanisme transitoire ont été identifiées et documentées dans ce milieu de vie. Des fiches d’initiatives qui décrivent ces aménagements éphémères et transitoires sont disponibles sur la plateforme Carto-OMV.

Parc Éphémère
©OMV
Espace piéton Pointe-à-Callières
©GGiguere, SDC VM
Pigeon Hole
©OMV

Aménagements transitoires pour Reconnecter le Vieux-Montréal

Dans le contexte du déconfinement estival 2020 de la pandémie de Covid-19, l’OMV a eu étudié une intervention de l’ordre de l’urbanisme transitoire menée dans le Milieu de vie | Vieux-Montréal pour le projet « Reconnecter le Vieux-Montréal pour gérer les conflits de cohabitation des usagers ». En fournissant un accompagnement au projet de zone cyclopiétonne aménagée sur un tronçon de la rue de la Commune, l’équipe de l’OMV s’est particulièrement intéressée à l’impact de cette intervention sur les conditions de cohabitation des usagers, sur leurs comportements et sur leur perception du cadre de vie.

Localisée à l’interface entre le Vieux-Montréal et le Vieux-Port, cette zone cyclopiétonne a su alimenter les réflexions de l’OMV en ce qui a trait au design et à la gestion d’espaces urbains fragmentés, c’est-à-dire d’espaces dont la gouvernance est complexe en raison de leur localisation à la frontière de terrains de propriétés multiples. Malgré la difficulté d’assurer la planification intégrée de leur forme, de leurs aménagements et de leurs usages, les travaux de l’OMV montrent pourtant que les usagers parcourent le territoire sans égard aux frontières administratives, en s’appropriant aussi les lieux en négociant au gré des conflits de cohabitation rencontrés afin de répondre à leurs besoins; un article discutant de ces constat est paru dans le Journal of Urban Design (Ananian, Ebacher et Perras, 2022). Dans cette perspective, le projet de recherche de l’OMV est notamment venu interroger la capacité de l’urbanisme transitoire à informer les designers et gestionnaires urbains, ainsi qu’à retisser les territoires au-delà de leurs contours officiels à partir d’intervention de design inséré sur les interfaces Ville-Port : c’est ce que propose la réflexion présentée dans un second article paru dans le Journal of Urbanism (Ananian, Perras et Ebacher, 2025) intitulé « Transposing tactical urbanism to urban design: key lessons in building legitimacy to reconnect waterfronts to central neighborhoods ».

La réalisation de ce projet de recherche a aussi été une opportunité pour la réalisation du mémoire de recherche en études urbaines de Valérie Ebacher, diplômée de l’OMV. Son mémoire portant sur la lisibilité de l’espace public sur l’interface de la rue de la Commune s’intitule « Les franges du quartier historico-touristique et le façonnement de leur image à travers l’aménagement : étude d’un projet pilote sur la rue de la Commune dans le Vieux-Montréal » et est disponible en ligne sur la plateforme Archipel de l’UQAM.

Zone cyclopiétonne de la Commune
©OMV

Pour plus d’informations sur ces travaux de l’OMV, consultez :